Les Syndicats de l’Université McGill sont solidaires avec MUNACA

Montréal, 19 mai 2026 — Nous, les présidentes et présidents signataires des syndicats de l’Université McGill, écrivons pour soutenir la campagne à venir « Les faits sont les faits, McGill » de MUNACA et la convention collective juste que les membres de MUNACA attendent toujours.

MUNACA représente environ 1 700 des personnes qui font fonctionner l’Université McGill : le personnel administratif, de bureau, technique, infirmier et de soutien professionnel dans toutes les facultés et tous les services. Leur convention collective a expiré en mai 2024. Deux ans et des dizaines de séances de négociation plus tard, ils et elles sont toujours sans entente. Voici les faits incontournables :

  1. McGill affirme faire face à un manque à gagner de 45 millions de dollars, qui atteindrait 75 millions d’ici 2027–28 sans compressions. Au cours du dernier exercice financier, la dotation de McGill a distribué environ 79 millions de dollars à partir d’un fonds valant une valeur au marché d’au moins 2,2 milliards de dollars. Source : Rapport de dotation FY25 de McGill ; projections de l’administration de McGill.
  2. Entre 2013 et 2024, la part de la masse salariale de McGill consacrée aux salaires des cadres supérieurs et des dirigeants est passée de 9 % à plus de 17 %. Si la rémunération des cadres avait augmenté au même rythme que celle de toutes les autres catégories d’emploi , l’Université McGill économiserait aujourd’hui environ 77,7 millions de dollars par an, soit bien plus que le déficit total. Il est important de souligner que la rémunération totale de l’ancienne rectrice Suzanne Fortier au cours de sa dernière année (2021-2022) a dépassé 595 000 dollars. De plus, les salaires de base des cadres supérieurs pour 2023-2024, avant primes et avantages, s’élèvent à 541 724 $ (Hagurdeep Saini), 835 274 $ (Christopher Manfredi), 740 371 $ (Diana Dutton), 573 587 (David Eidelman) et 571 133 $ (Marc Weinstein). Source : États financiers consolidés de McGill et divulgations de salaires de l’administration supérieure, 2013–2024 ; Lettre ouverte des syndicats de McGill, avril 2025;  Journal de Québec, 6 décembre 2024.
  1. Malgré un prétendu souci des déficits budgétaires, la haute direction de l’Université McGill a décidé de faire appel à Nous Group (également connu sous le nom de Nous Data Insights), un groupe de consultants associé à des vagues de licenciements dans d’autres universités canadiennes.  Depuis mars 2025, l’Université McGill a versé à Nous Data Insights, plus de 700 000 dollars   visant à conseiller les cadres hautement rémunérés de McGill sur la restructuration des effectifs – sans consulter les syndicats dont les membres sont concernés par cette restructuration et ces licenciements.
  2. La haute direction de l’Université McGill a déclaré qu’une suppression de 350 à 500 postes serait nécessaire, celles-ci devant se faire  principalement par attrition, ainsi que  par l’annonce effective de 99 licenciements. Il est à noter, comme par hasard, 99 correspond exactement au seuil des 8 semaines de préavis minimum prévu par la Loi québécoise régissant les licenciements collectifs, préavis dont les employés ont bénéficié. Source : University World News ; McGill Reporter.

Pourquoi cela nous concerne toutes et tous :

Nous venons d’unités de négociation différentes, avec des conventions collectives distinctes à des tables distinctes, mais ce que nous partageons avec MUNACA, c’est le même employeur, les mêmes campus et la même hausse du coût de la vie ainsi que le même risque de perte d’emploi. Nos membres voient leurs factures d’épicerie, leur loyer et leurs frais de chauffage grimper exactement comme toutes les autres familles. Il est difficile de continuer à entendre McGill dire qu’elle « ne peut pas se permettre » d’aider ses propres employé·es alors que la rémunération des cadres a presque doublé en proportion de la masse salariale, et que la dotation seule distribue 79 millions de dollars par année.

Ce que demande MUNACA est raisonnable : des offres salariales et  une retraite qui rattrapent et suivent le coût de la vie, ainsi qu’une véritable sécurité d’emploi avec un arrêt de la dérive vers les emplois précaires de contrat  à durée déterminée et occasionnels.

Ce que nous demandons ensemble.

Au-delà de la convention collective juste que méritent les membres de MUNACA, nous demandons à l’Université McGill de faire trois choses qui touchent chaque syndicat de ce campus :

1. Un moratoire sur les mises à pied, une véritable réduction de la rémunération des cadres et un gel des nouvelles embauches à la direction. Un simple gel salarial n’est pas  suffisant. La part de la masse salariale consacrée aux cadres a presque doublé en une décennie, et McGill continue d’ajouter de nouveaux postes de direction par-dessus cela. Coupez en haut avant de couper en bas, et cessez d’ajouter au sommet pendant que vous coupez en bas.

2. La divulgation publique complète des mandats du NOUS Groupe / UniForum. Valeurs des contrats, livrables, quelles données d’unités ont été partagées et quelles recommandations de restructuration et de mises à pied en découlent. Les mêmes questions que poserait tout comité d’audit.

3. Une place intersyndicale aux tables sur la mise en œuvre d’Horizon McGill (NOUS Group). Des droits de consultation dans chaque groupe de travail Horizon, avant que les recommandations ne soient transmises au Sénat ou au Conseil d’administration. Nous sommes la main-d’œuvre en cours de restructuration. Nous avons des idées. Nous devons être dans la salle.

Les faits sont les faits, McGill.

En solidarité,

Margaret Levey, présidente – Association mcgilloise des professeur.es de l’école d’Éducation permanente (AMPEEP)

Jill Boruff, présidente – Association du personnel académique des bibliothèques de McGill (APABM)

Dennis C Wendt, président – Association mcgilloise des professeur.es d’éducation (AMPE)

Catherine Leclerc, présidente – Association mcgilloise des professeur.es de la Faculté des arts (AMPFA)

Evan Fox-Decent, président – Association mcgilloise des professeur.es de droit (AMPD)

Louigi Addario-Berry, président – Association mcgilloise de professeur.es de science (AMPS)

Sean Cory, président – Association des employés de recherche de l’université McGill (AERUM-AFPC)

Jonathan Nehme, président – Le Syndicat des employé.e.s occassionel.le.s de l’Université McGill (SEOUM-AFPC)

Raad Jassim, président – Syndicat des chargé(e)s de cours et instructeurs(trices) de McGill (SCCIM)